Dominique Villars
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L’estrade

Bonjour à tous,
Pour faire suite à la suggestion d'Alain, notre Président, de privilégier l'écriture en cette période de confinement, au risque du ridicule, je me lance à sa suite avec ce souvenir de potache de 4ème qui me revient en mémoire bien des années plus tard. En pensant aussi que bon nombre d'entre nous ont plein d'anecdotes à nous faire partager.

Cela pourrait commencer de cette façon :
« Gap, milieu des années 60, Lycée Dominique villars, cour sud-ouest, préfabriqué n°1, salle de français.
À l'intérieur de la salle de droite, juste avant le cours, on assiste à un étrange manège. Plusieurs élèves, certains avec des «blaoudes», s'affairent à proximité de l'estrade en bois où trône le bureau du prof. Accroupis, ils essayent visiblement dans un effort collectif de soulever celle-ci. L'un d'entre eux est concentré sur un drôle d'objet qu'il tient dans ses mains. Il s'agit d'un électro-aimant relié à une pile Wonder. Cet attirail est introduit sous l'estrade en moins de deux et commence à produire son effet, en vibrant et émettant un son aigu, lancinant, bien perceptible.
Le cours commence. Le bruit de fond est là, persistant, et va nous accompagner durant une heure. On guette les réactions, les regards interrogatifs du prof, que nous savons être à l'approche de « l'âge pivot, » un peu dur de la feuille.
N'a-t-il pas l'habitude de dire fréquemment quand un élève demande la parole : « Oui, je veux bien. Mais plus fort ! » en mettant la main derrière l'oreille ?
Je me souviens que durant les moments de calme, nous étions obligés, à tour de rôle, de faire preuve d'imagination pour couvrir le bruit devenu trop envahissant par des toussotements, raclements de gorge, grincements de chaises, bruits de fermetures de « biasses. »... sans trop se faire remarquer. Meubler ces faux-silences. C'est fou ce que l'on est inventif collectivement !
Je ne sais pas si le prof s'était prêté à notre jeu ce jour-là, car il fallait vraiment être dur d'oreille pour ne pas s'apercevoir de la supercherie. Toujours est-il que ses « Oui, je veux bien. Mais plus fort ! » distillés régulièrement, nous ont fait repenser jusqu'à la fin de l'année scolaire à cet électro-aimant devenu inerte là-bas sous l'estrade. »
Patrick Cafarel
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